Quels impacts de l’IA sur les pratiques pédagogiques et les modes d’évaluation ? Quelles évolutions pour les métiers de l’accompagnement pédagogique ? L’Atelier, service d’appui à la pédagogie, collabore avec l’Université de Sherbrooke afin d’enrichir et partager les pratiques sur l’IA appliquées à la pédagogie.

Depuis 2024, les services d’appui à la pédagogie de l’Université de Montpellier Paul-Valéry et de l’Université de Sherbrooke collaborent afin de favoriser les échanges de pratiques entre leurs équipes. Le 11 février dernier, une table ronde intitulée « Regards croisés sur les pratiques d’enseignement et d’accompagnement à l’ère de l’IA » a été organisée entre les deux établissements dans le cadre du Mois de la pédagogique universitaire canadienne. L’Atelier a animé les échanges à Montpellier.
Le cadre des échanges
Les discussions se sont appuyées sur des interviews filmées, menées en amont auprès d’enseignants et d’ingénieurs pédagogiques. Pour la table ronde organisée en visioconférence avec le Canada, notre université a réuni 11 panélistes, dont 7 enseignants, afin de prendre part aux échanges.
Le reportage (voir ci-contre) s’articule autour de questions identiques posées aux intervenants, tant côté canadien que montpelliérain. Les thématiques abordées portent sur les impacts de l’IA sur les pratiques pédagogiques et les modes d’évaluation, les évolutions des métiers de l’accompagnement des enseignants, les préoccupations liées à l’usage de l’IA, ainsi que les fondamentaux à préserver dans les pratiques.
Regards croisés, enseignements majeurs
Quatre notions majeures ont émergé lors de la discussion :
L’IA comme catalyseur pédagogique
L’émergence de l’intelligence artificielle invite à revenir aux fondamentaux de la pédagogie. Les échanges ont mis en lumière les nombreuses questions qu’elle soulève quant aux pratiques d’enseignement. L’IA conduit à réinterroger la conception des cours, les modalités d’évaluation, l’accompagnement des étudiants et à imaginer de nouveaux projets pédagogiques.
Un point de vigilance a toutefois été souligné : l’intégration de l’IA ne rime pas automatiquement avec gain de temps.
Les risques liés à l’automatisation
Une automatisation systématique de certaines tâches par l’intelligence artificielle n’entraînerait-elle pas une perte de compétences ? Les échanges ont mis en avant la nécessité de préserver un esprit critique et réflexif, y compris lorsque des tâches, à plus faible valeur ajoutée, sont déléguées à l’IA.
Les défis pour les enseignants
Devenir un « super-enseignant IA » relève du défi : il est difficile de cumuler expertise pédagogique disciplinaire et maîtrise technique des outils d’intelligence artificielle. Les discussions ont souligné l’importance de dégager du temps pour expérimenter et s’approprier ces outils avant de les mobiliser pleinement et d’accompagner les étudiants sur les usages.
Déconstruire, mutualiser, construire, essayer
La table ronde s’est conclue autour de quatre verbes d’action illustrant les leviers possibles face à l’IA : déconstruire, mutualiser, construire, essayer. Il demeure essentiel d’expérimenter, d’échanger et de coconstruire des pratiques pédagogiques tirant parti de l’intelligence artificielle, sans perdre de vue l’humain.
L’IA doit ainsi être envisagée comme un outil d’aide et de soutien : la richesse demeure avant tout dans les interactions humaines.







